SUD OUEST par Denis Lherm

L

a protégée d’Alain Juppé, membre du comité politique des Républicains, crée son propre mouvement, DroiteLib.

« Sud Ouest » Vous venez de créer DroiteLib, un nouveau mouvement politique. À quoi cela répond-il ?

Virginie Calmels L’idée de ce mouvement remonte à avant l’été dernier, mais je n’avais pas eu le temps de vraiment m’en occuper. Je voyais se développer le discours d’Emmanuel Macron, qui peut être séduisant. Certaines choses peuvent me rapprocher de lui, comme la génération à laquelle nous appartenons, ou le constat sur le blocage de la société. Sauf que lorsqu’on compare son programme avec son action quand il était au pouvoir, c’est une déception. Il ne fait qu’effleurer les problèmes. Macron est par ailleurs dans une démarche individualiste, il exprime une ambition personnelle.

Vous pensez que l’engouement dont il bénéficie ne va pas durer ?

Il faut lui reconnaître un certain talent. Sur le diagnostic, il tape juste. Je ne suis pas loin de partager ses positions, il faut faciliter la vie aux entrepreneurs. Mais je ne sais pas si ce sera un feu de paille… Il y a un moment où les gens devront s’intéresser à son programme. Ses propositions, elles, ne visent pas juste. Il veut augmenter la CSG, rester aux 35 heures…

DroiteLib, c’est l’arme anti-Macron ?

J’avais évoqué ce nouveau mouvement avec des gens de la société civile qui étaient tentés par Macron. Ils m’ont poussée à créer quelque chose, parce qu’Emmanuel Macron reste un haut fonctionnaire qui n’a aucune expérience de l’entreprise. Il a juste été banquier d’affaires pendant trois ans. Moi, j’ai passé vingt ans dans l’entreprise. Il essaie de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Son côté ni droite ni gauche est une mystification. Ce qui n’est ni à droite ni à gauche, c’est le libéralisme. Or, les vraies propositions libérales, c’est Alain Juppé et François Fillon qui les ont faites. DroiteLib va porter les idées du libéralisme et de l’humanisme.

François Fillon a plutôt l’image d’un traditionaliste…

Il faut se méfier des caricatures. On peut être de droite et progressiste. DroiteLib s’adresse à ceux qui veulent une alternance, qui sont libéraux économiquement et progressistes. Ce sont les idées d’Alain Juppé, auprès de qui j’ai eu un rôle en économie et dans le numérique. Les projets Juppé et Fillon étaient les mêmes à 80 %. La vraie différence, c’est sur les questions sociétales et le système de santé. Mais on voit que François Fillon évolue sur ces questions.

Si Fillon accède à l’Élysée, entendez-vous jouer un rôle auprès de lui ?

Si vous me demandez si j’ai créé DroiteLib pour être ministre, la réponse est non ! Je n’ai aucun plan de carrière et je ne demande rien. Certains pensent que le Graal, c’est de devenir ministre. Le mien est d’être utile à mon pays et d’être dans l’action. Si j’ai été considérée comme ministrable, ce n’est pas parce j’ai créé DroiteLib, je n’attends aucune récompense.

DroiteLib peut-il devenir un microparti pour les municipales de 2020 ?

La vraie genèse du mouvement remonte au débriefing des régionales. On ne peut pas partir à la bataille sans équipe, sans argent, sans projet. Je l’ai fait une fois, maintenant j’avance, j’apprends, je structure. L’utiliser pour les municipales, je ne sais pas. J’ai un mandat aux côtés d’Alain Juppé, comme première adjointe et vice-présidente de la Métropole. J’irai au bout. Je respecte Alain Juppé, qui m’a fait venir à Bordeaux. S’il doit partir, c’est lui qui le décidera. Et s’il veut rester, ce n’est pas moi qui l’en empêcherai. On va voir si DroiteLib rencontre l’adhésion. Il existe maintenant un véhicule pour la manifester. Pour les municipales, je me dis que l’engagement local semble en phase avec ce que je suis.

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