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rrêtons de légiférer contre l’emploi !

« Le législateur ne peut pas agir indéfiniment contre la volonté du consommateur et du citoyen. Il ne doit pas brider des innovations d’intérêt général pour défendre des intérêts particuliers. Au contraire, il doit accompagner ce qui va dans le sens de l’histoire, prendre en compte les bénéfices économiques et sociaux des applications de l’économie numérique, comme Heetch, et adapter la législation à ces nouvelles opportunités tout en luttant contre les distorsions de concurrence. ».

Ce passage, extrait d’une tribune que j’ai publiée dans Les Echos au mois de juin, est plus que jamais d’actualité en cette veille d’examen au Sénat de la proposition de loi Grandguillaume, dernier exemple en date de l’aveuglement de la majorité parlementaire face aux réalités de l’Economie.

Ainsi, en limitant le nombre de sessions d’examens permettant l’obtention de la carte professionnelle, en confiant son organisation à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (majoritairement représentée par les taxis), en prenant la décision de complexifier l’examen par des questions qui ne correspondent en rien aux exigences du métier, le législateur cherche à réduire drastiquement l’accès à la profession. Autrement dit, tout semble fait pour créer des barrières, nuire aux volontés d’entreprendre et, pire encore, convaincre des milliers de jeunes qu’ils vivent dans un pays où la prise de risque est condamnée d’avance.

Car oui, disons-le, cette proposition de loi n’a d’autre but que de préserver les corporatismes alors même que les VTC contribuent directement à la création d’emplois – non subventionnés – dans notre pays, devenant le premier employeur en Seine-Saint-Denis ! Comment admettre de voir une majorité de gauche justifier la privation de milliers de jeunes français, issus des milieux les moins favorisés, d’un argent gagné par la force de leur travail ? Aucun discours, aucune posture, aucune agence, aucune énième usine à gaz, ne réparera ce que les parlementaires sont en train de faire contre l’emploi en légiférant mal et à outrance, même s’il convient de lutter contre la distorsion de concurrence et de prendre en considération l’acquisition d’une licence par les taxis.

-VCa

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