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NTERVIEW – La première adjointe du maire de Bordeaux Alain Juppé, ancienne directrice générale d’Endemol Monde, est membre du comité politique des Républicains.

LE FIGARO. – Quel rôle allez-vous jouer dans la campagne présidentielle?

Virginie CALMELS. – Aujourd’hui, la primaire est terminée. Alain Juppé et François Fillon se sont mis d’accord pour que je représente les juppéistes au comité politique des Républicains. C’est pour moi un honneur et je défendrai la ligne politique qu’incarne Alain Juppé, ainsi que les personnes qui, partout en France, ont soutenu sa candidature. Ma volonté est d’apporter ma pierre à l’édifice pour que, soutenu par la droite, le centre et tous les Français qui n’en peuvent plus, François Fillon l’emporte en mai prochain. Pendant la primaire, j’ai entendu beaucoup de Français qui n’étaient pas engagés politiquement mais qui voulaient le changement. C’est pour eux que je lance un mouvement que je baptise DroiteLib.

 

«DroiteLib veut associer, agréger les talents, les hommes et les femmes de la société civile, plutôt que de les voir rester chez eux ou écouter des mystificateurs comme Emmanuel Macron»

 

Quel est l’objectif de ce mouvement?

L’objectif est de parler à celles et ceux qui ne se retrouvent pas dans la politique traditionnelle et les jeux de partis, à celles et ceux qui doutent que voter puisse encore servir à quelque chose. DroiteLib veut leur dire que le changement est possible, qu’il existe et qu’y participer relève de la responsabilité de chacun. DroiteLib veut associer, agréger les talents, les hommes et les femmes de la société civile, plutôt que de les voir rester chez eux ou écouter des mystificateurs comme Emmanuel Macron. Je crois que je peux leur parler. J’ai un profil atypique en politique. Élue locale depuis presque trois ans, je suis issue de la société civile, je viens de l’entreprise, et j’ai bien vu d’ailleurs pendant la campagne des régionales que des publics différents, plus jeunes, séduits par le renouvellement, venaient me voir. Je veux aider François Fillon en aidant aussi celles et ceux qui ont démissionné à croire à nouveau et à «faire» avec nous.

 

Que peut apporter DroiteLib?

DroiteLib assume très clairement d’être d’une droite libérale et humaniste car oui, on peut être progressiste, de droite et souhaiter la victoire de François Fillon! DroiteLib se voudra aussi force de propositions dans la campagne. Il est indépendant des Républicains. Mais il sera au service de l’élection de François Fillon.

 

Qui sont les responsables politiques à vos côtés dans la création de DroiteLib?

Je ne crois pas aux démarches solitaires. DroiteLib est un mouvement ouvert qui vise à intégrer toutes celles et ceux qui partagent notre vision d’un libéralisme humaniste et progressiste. Je pense notamment à ceux qui m’ont soutenue lors de ma campagne des régionales venant de la société civile et pour lesquels il s’agissait souvent d’un premier engagement politique.

 

Emmanuel Macron a appelé les soutiens d’Alain Juppé à le rejoindre. Comment les convaincre de ne pas se détourner de François Fillon l’an prochain?

Emmanuel Macron en est resté au stade de la théorie ; moi, je considère que l’essentiel, c’est la mise en œuvre. Nous parlons aux mêmes publics, mais on n’a pas la même démarche. L’ex-ministre de l’Économie fait croire qu’il est porteur du renouveau auquel les gens aspirent alors qu’il a lui-même été au pouvoir. Or ses années passées à Bercy montrent bien qu’il y a un hiatus entre ce qu’il préconise et sa capacité à le mettre en œuvre. Pour faire passer sa loi Macron, il a fallu recourir au 49-3 et encore avec les résultats piteux que l’on sait. Comment s’y prendrait-il pour réformer s’il devait être élu? À ceux qui pourraient être séduits, je rappelle une chose: Macron est à gauche et gouvernera toujours avec la gauche.

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